I -méthode physionomique :

La formation végétale est une notion importante puisqu’elle permet d’identifier la physionomie qui a un  aspect de premier ordre pour comprendre le comportement et la dynamique des divers groupements végétaux. Une formation végétale est un ensemble de plantes ligneuses ayant sa propre physionomie découlant de la fréquence de certaines espèces présentant le même aspect. Une autre expression est à utiliser et connaître,  qui  malgré sa précision n’a pas connu un large usage : c’est le type de végétation. En 1955 TROCHAIN donne la définition suivante de cette expression: " Les types de végétation sont les grands ensembles végétaux qui impriment au  "paysage  une  physionomie particulière qui résulte de l’accumulation espèces végétales spécifiquement variées mais appartenant en grande majorité, à une même forme biologique qui est ainsi dominante ».

Des difficultés apparaissent lorsque l’on commence à nommer les types de végétation, parce que la langue française est pauvre en terme généraux dans le domaine forestier.

Les formations végétales s'incluant dans les paysages végétaux ligneux de l'Oranie  centrale  sont généralement des forêts plus ou moins dégradées, des maquis denses à clairs peu élevés, des  matorrals hauts ou bas,  des garrigues  plus ou moins denses et des ermes. Tous sont largement  présents aux étages  subhumide et semi-aride  tel que définis par EMBERGER (1930). Si la tranche pluviométrique annuelle de 200 mm est retenue, ces formations sont exclues du sous-étage inférieur de l'étage bioclimatique aride tel que défini par LE HOUEROU 1969 et  ALCARAZ 1969. Généralement maquis, matorral et garrigue colonisent les variantes des étages semi-aride à subhumide chaudes ( m supérieur à 7 °C ), tempérées ( m compris entre 3 et  7 °C ) et fraîches ( m compris entre  0 et   3 °C ).

La nomenclature de la végétation à retenir dans la région compte tenu de ce  que nous  venons  d’exposer et  de commenter se résume à trois termes dont des définitions corrigées ont été données:

-  la forêt: toute formation végétale ligneuse dont les espèces dominantes qui la composent se distinguent par un fut et un houppier individualisés avec une hauteur minimale de 4 m dont la concurrence se fait par les racines ou    les frondaisons,

-   le maquis: formation d’arbustes et d’arbrisseaux ligneux dont la hauteur est supérieure à 1,50  m  et  n’excède pas 4 m, ramifiés dés la base, relativement dense et dont la structure est en équilibre avec les conditions du milieu,

-  le matorral: formation basse dont la hauteur moyenne est inférieure à 1,50 m où dominent les espèces de la strate sous-arbustive, caractérisée par des espèces forestières et préforestières ligneuses indicatrices de conditions particulières de dégradation.

-   la garrigue: formation basse dont la hauteur ne dépasse pas les 2 m composée essentiellement espèces ligneuses rameuses, issue de la dégradation d’un matorral surtout et représentant un stade ultime de régression. Ce terme doit être utilisé dans la dynamique de la végétation ligneuse des étages semi-aride et aride de préférence.

-  le buisson: vocable dont  la signification est  assez particulière, très représentatif de stades de dégradation   du maquis essentiellement, il est constitué espèces du maquis n’ayant pu atteindre une hauteur leur permettant de se classer dans cette formation.

De ce fait il n’est plus possible de faire la confusion entre des paysages végétaux et le matorral s’englobera plus le maquis et la garrigue car chacun répond à un stade de dégradation précis sous des conditions particulières. D’autant plus que maquis et garrigue occupent sur le pourtour du bassin méditerranéen au moins 500.000 kilomètres- carrés et peuvent facilement atteindre le million.

Le raisonnement issu d’observations qui nous a  guidé au choix de ces trois termes au détriment  d’autres   pour définir les différents types de végétation reposait sur trois notions fondamentales:

1-  la base de la description et de la classification doit d’abord rester exclusivement  physionomique axé  sur  les espèces forestières et préforestières ligneuses,

2-   la dénomination des formations végétales doit  exprimer une notion de dynamisme avec référence au    stade climacique ou para- climacique pour déterminer l’origine de la formation et surtout le processus de dégradation qui la gouverne,

3-   la terminologie doit reposer sur la compréhension de l’action du climat, du sol et de l’homme qui impriment à la formation végétale des particularités.

L’uniformisation et la clarification de cette terminologie nous semble capitale pour dénommer correctement une formation végétale et de maîtriser avec le maximum de précision sa physionomie, sa structure et sa composition .

Modifié le: vendredi 4 avril 2025, 19:04