Comment "mesurer" la biodiversité d'un site naturel.?
Mesurer la biodiversité : pourquoi ?
Parce qu'il est nécessaire d'objectiver l'impact du pâturage sur la biodiversité d'un site en vue d'en adapter le plan de pâturage en cas de stagnation ou de diminution de la biodiversité du site : modification du type ou du nombre d'animaux, de la charge, de la période de pâturage...
Mesurer la biodiversité : par qui ?
Par les scientifiques en charge du suivi des sites de hautes valeurs biologiques . Mais vu leur charge de travail, ils risquent de tirer la sonnette d'alarme trop tard (constat d'une forte dégradation lors d'une visite triennale voire quinquennale pour certains sites).
Il faudrait également une évaluation continue, certes moins fouillée et détaillée que le bilan pluriannuel des scientifiques. Cette évaluation continue ne doit pas être trop complexe, ni trop lourde, afin que le gestionnaire puisse la réaliser lui-même. Ce dernier peut alors ajuster rapidement le pâturage de son troupeau en cas de dégradation de la biodiversité du site qui lui est confié. C'est sur ce type de "monitoring" que nous allons réfléchir ci-dessous.
Mesurer la biodiversité : comment ?
Première idée : la méthode de l'inventaire.
Faire un inventaire complet (liste I) des espèces et des habitats du site. Ensuite les compter (nbr(I)): ce nombre représenterait la biodiversité du site.
Biodiversité_inventaire = nbr(I)
C'est la méthode scientifique classique de « mesure de la biodiversité » qui comporte de nombreuses variantes (voir remarques).
Critique :
1. Faire un inventaire complet est illusoire. C'est un travail titanesque et impossible à réaliser pour un gestionnaire. Il faudrait faire défiler une dizaine de scientifiques (botaniste, entomologiste, ornithologue, mycologue...) sur le site, avec au minimum une dizaines de passages à différentes saisons...
2. La lourdeur de la tâche et sa durée de réalisation ne permet pas une réaction rapide en cas de dégradation.
3. Chaque espèce ou habitat compte pour un point, or toutes les espèces et habitats n'ont pas la même valeur scientifique ou légale (statut de protection).
4. Certains habitats de grand intérêt comportent naturellement peu d'espèces (ex : tourbière) mais avec certaines de ces quelques espèces qui sont très rares. Ils obtiennent avec cette méthode de comptage un score médiocre alors que ce sont des sites exceptionnels !
www.observations.be est un portail informatique d'encodage d'observations d'espèces en Belgique.
Ce portail totalise 33000 espèces susceptibles d'être observées dans le pays.
Le meilleur naturaliste y a observé 4377 espèces. Les naturalistes moyens parviennent à identifier 330 espèces...