Dynamique de la végétation - suite :
L’approche diachronique permet de suivre l’évolution du couvert
végétal en un lieu donné. On peut reconstituer l’enchaînement des groupements végétaux dans le temps. C’est la méthode la plus sûre mais difficile à réaliser sur une longue période. On est donc obligé de faire appel à des témoignages du passé (Cf. Photos 1 et 2). Autre restriction, cette approche est très localisée. L’autre méthode (spatio-temporelle) consiste à reconstituer dans le temps la
dynamique du couvert végétal à partir d’observations faites dans l’espace (approche synchronique). Elle utilise l’échantillonnage systématique réalisé initialement dans un but d’identification et de hiérarchisation des groupements végétaux qui est pratiqué par
la « phytosociologie » propre aux pays du Sud et de l’Est européen et en grande parti d’Afrique et d’Amérique du Sud. C’est dans les années 1950 que l’approche dynamique est apparue en s’appuyant essentiellement sur les groupements décrits par la phytosociologie pour ce qui concerne la région méditerranéenne
continentale. C’est pourquoi nous partirons de cette base pour aborder les
quelques exemples présentés ici. Ces exemples ont été choisis parce qu’ils sont parmi les plus caractéristiques du Sud-Est français.

Dynamqiue de la végétation ( suite ):
Approches descriptives des successions dynamiques Séries de végétation et
séquences de végétation:
Les séries de végétation définies par GAUSSEN (1963) sont toutes identifiées par
un groupement de fin de succession, stable (climax) qui donne son nom à la série et par des groupements qui conduisent à ce climax par évolution progressive, et par ceux qui en dérivent par dégradations successives. Les séquences de végétation se focalisent davantage sur l’enchaînement des groupements
qui se succèdent dans le temps sur une partie de la succession et moins sur le stade ultime (ou supposé tel) qui donne son nom à la série. Ceci étant, les deux approches sont très semblables. Dans une revue de 1966 (documents pour la carte de la Végétation des Alpes), P. OZENDA présente la description des séries de végétation des Alpes du Sud. Cette synthèse reprend l’ensemble des travaux
de ses collaborateurs et de lui-même au cours des années précédentes, apportant
ainsi un panorama des successions dynamiques des Alpes du sud et de la côte médi- terranéenne en prolongement des massifs alpins. Il convient de souligner que l’auteur situe les séries de végétation au sein des étages de végétation liés aux conditions climatiques. Il ne s’appuie que partiellement sur les descriptions de groupements végétaux faites par les phytosociologues. Bien sûr, il retient l’identification des unités phytosociologiques déjà décrites par d’autres
chercheurs pour établir les stades de la succession, mais ceci dans un esprit dynamique et non pas dans un esprit de classification et de hiérarchisation des groupements. Quelques exemples du Sud- Est méditerranéen français
Le tableau I donne une vue générale simplifiée des séries, de l’étage méditerranéen inférieur à l’étage alpin. Etages et séries s’articulent donc harmonieusement et montrent la dynamique en relation avec la bioclimatologie
et le type de sol. Ainsi, pour les étages supraméditerranéen et méditerranéen,
OZENDA avait identifié plusieurs séries conernant le chêne pubescent. Ces diverses
successions portent le même nom, mais concernent deux étages différents parce
qu’elles sont influencées par des conditions bioclimatiques différentes. L’élément déterminant, dans ce cas, est le changement d’étage de végétation. C’est la raison qui nous amène à nous arrêter sur ces successions comme premier exemple. Dans le contexte méditerranéen, nous sommes tous familiarisés avec les chênaies de chênes pubescents (Quercus pubescens), un peu moins avec les groupements végétaux qui les précèdent dans la succession dynamique. La figure 1 montre la succession (ou série) du chêne pubescent de l’étage supraméditerranéen telle qu’elle est décrite par OZENDA. Cette présentation simplifiée montre trois
enchaînements parallèles aboutissant à la chênaie à Q. pubescens supraméditerranéenne. La série supraméditerranéenne du chêne pubescent est, de loin, la succession la plus importante des Alpes du Sud.
