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I. Définition
Soient E et F deux espaces vectoriels sur un même corps K (ℝ ou ℂ). Une application f : E → F est dite linéaire si :
- ∀ u, v ∈ E, f(u + v) = f(u) + f(v)
- ∀ λ ∈ K, ∀ u ∈ E, f(λ·u) = λ·f(u)
Ces deux propriétés s’appellent respectivement la linéarité de l’addition et la linéarité de la multiplication scalaire.
II. Propriétés générales
- f(0) = 0 (l’image du vecteur nul est le vecteur nul)
- f(−u) = −f(u)
- f(λ₁·u₁ + λ₂·u₂ + ... + λₙ·uₙ) = λ₁·f(u₁) + λ₂·f(u₂) + ... + λₙ·f(uₙ)
III. Exemples d'applications linéaires
- f : ℝ² → ℝ² définie par f(x, y) = (2x, 3y)
- g : ℝ³ → ℝ définie par g(x, y, z) = x + y + z
- Application nulle : f(u) = 0 pour tout u
- Identité : f(u) = u
IV. Noyau et image
- Noyau de f (Ker(f)) : Ensemble des vecteurs u ∈ E tels que f(u) = 0
- Image de f (Im(f)) : Ensemble des vecteurs v ∈ F tels qu’il existe u ∈ E avec f(u) = v
- Ker(f) est un sous-espace de E ; Im(f) est un sous-espace de F
V. Matrice d’une application linéaire
Soient f : ℝⁿ → ℝᵐ une application linéaire, alors il existe une matrice A ∈ Mₘₙ(ℝ) telle que :
f(x) = A · x (produit matriciel)
Exemple :
f : ℝ² → ℝ², f(x, y) = (x + y, 2x − y)
Alors la matrice associée est :
A = | 1 1 | | 2 -1 |
VI. Théorème du rang
Soit f : E → F une application linéaire avec E de dimension finie. Alors :
dim(E) = dim(Ker(f)) + dim(Im(f))
C’est le théorème du rang.
VII. Caractérisation de la linéarité (test pratique)
Pour vérifier que f est linéaire, il suffit de tester :
- f(u + v) = f(u) + f(v)
- f(λu) = λf(u)
Si l’un de ces points est faux, f n’est pas linéaire.
VIII. Exemple non linéaire
Soit f : ℝ² → ℝ² définie par f(x, y) = (x², y)
- f(1, 1) = (1, 1)
- f(−1, 1) = (1, 1)
- Mais f(1 + (−1), 2) ≠ f(1, 2) + f(−1, 0) → donc f n’est pas linéaire