1        Actes de langage et énonciation

La linguistique de l’énonciation réintroduit le sujet parlant comme objet d’étude, elle met l’accent sur l’acte individuel d’utilisation de la langue et non plus seulement sur l’énoncé, qui est le résultat de cet acte. Elle met ainsi en valeur la notion d’acte de parole.

La mise en lien entre les actes de parole et l’énonciation se fixe l’étude des actes de langage et souligne les raisons ayant engendré la dimension discursive. Cela s’inscrit dans le cadre de l’analyse du discours dans l’interaction sociale. Or, les pédagogues ont pour la plupart saisi le concept d’acte de parole sans pouvoir le placer dans un cadre discursif et interactionnel pourtant indispensable à sa compréhension.

La prise en compte de l’ensemble des paramètres de la situation d’énonciation est en effet étroitement liée à l’explicitation du « vouloir dire » des interlocuteurs.

1.1       La pragmatique

Elle s’intéresse aux actes de parole sous-jacents à la production d’énoncés. La pragmatique étudie plutôt l’intention sous-jacente de celui qui prend la parole et, par extension, l’effet produit par ses énoncés sur l’autre.

1.2       La didactique et l’analyse du discours

La didactique partage avec l’AD certaines orientations. Elle s’en empare pour traiter ses données empiriques lors de l’analyse de pratiques professionnelles ou lors du traitement des documents écrits ou oraux pour la classe.

2.1. Les corpus et la notion de genre en AD

Pour l’AD, les données sont notamment un terrain d’observation permettant l’accès à des pratiques situées ; elles sont appréhendées dans leur rapport avec leurs lieux de production, de circulation et de réception. En d’autres termes, les discours sont traités comme des objets connus par des marques des instances qui les produisent, étroitement dépendants des conditions dans lesquelles ils circulent et très liés à la façon dont ils sont reçus. Le traitement auquel ils sont soumis vise la mise au jour des facteurs d’influence (sociaux, psychologiques, historiques, etc.) sur leur construction.

« les mots changent de sens selon les positions tenues par ceux qui les emploient »

(Beacco 1992 : 9).

1.3       Le genre du discours

La question des genres de discours en AD est également présente dans les travaux

de Benveniste et Bakhtine. Si Benveniste l’appréhende dans l’opposition faite entre discours

et histoire (ou récit), les études de Bakhtine s’orientent vers une distinction entre genres du discours premiers (simples), soit des échanges spontanés de la vie quotidienne (dialogue oral, lettres, etc.), et genres du discours seconds (complexes), de nature littéraire, scientifique, idéologique, etc. lesquels se nourrissent d’énoncés issus des genres premiers. Ces différenciations permettent, en formation, d’introduire les modalités de traitement des documents sur la base de catégories linguistiques et de critères de « nature communicationnelle » aisément identifiables : d’un côté on a des discours ordinaires et spontanés, de l’autre des discours institutionnalisés.

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