1. Définition de la communication interpersonnelle

La communication interpersonnelle, aussi appelée communication comportementale, désigne l’échange de messages et de codes entre deux individus. Elle mobilise à la fois le verbal et le non-verbal, et se caractérise par l’importance de la distance interpersonnelle, ou proxémie, qui permet de déterminer le type de relation et le degré d’intimité entre les interlocuteurs.

2. Les techniques et théories de la communication interpersonnelle
2.1. Les modèles classiques de la communication
2.1.1. Le modèle de Shannon (1948)

Ce modèle linéaire conçoit la communication comme un processus unidirectionnel entre un émetteur et un récepteur, en suivant ces étapes :

  • Source d'information → codage → transmission → décodage → destination.
    Il introduit la notion de bruit, soit toute perturbation pouvant altérer le message. Ce modèle, bien qu’utile pour modéliser la transmission de l’information, ignore la relation humaine et le contexte d’échange.

2.1.2. Le modèle de Wiener (1948)

Complétant Shannon, Norbert Wiener introduit le concept de feed-back (rétroaction), rendant la communication circulaire. Ce modèle met en avant l’importance du retour du récepteur vers l’émetteur pour réguler l’échange et l’adapter en temps réel, transformant ainsi la communication en un processus dynamique.

2.2. Les modèles linguistiques et sociolinguistiques
2.2.1. Le modèle de Jakobson

Roman Jakobson identifie six fonctions principales du langage, chacune liée à un élément de l’acte de communication :

  1. Fonction référentielle : transmettre une information sur un objet ou un contexte.

  2. Fonction émotive (ou expressive) : exprimer les émotions ou l’attitude de l’émetteur.

  3. Fonction conative : influencer ou interpeller le récepteur (ex : usage de l’impératif).

  4. Fonction phatique : établir ou maintenir le contact (ex : "allo ?", "tu m’entends ?").

  5. Fonction métalinguistique : clarifier le code utilisé ("Que veux-tu dire par 'tard' ?").

  6. Fonction poétique : mettre en valeur la forme du message (stylistique, esthétique).

2.2.2. Le modèle SPEAKING de Dell Hymes (1962)

Hymes développe une approche sociolinguistique qui prend en compte le contexte global de la communication à travers huit éléments :

  • S (Setting and Scene) : lieu, moment, cadre culturel/psychologique.

  • P (Participants) : émetteur, récepteur et observateurs.

  • E (Ends) : objectifs visés et résultats réels.

  • A (Acts) : contenu et forme du message.

  • K (Key) : ton, attitude, manière de s’exprimer.

  • I (Instrumentalities) : moyens et canaux de transmission (oral, écrit, etc.).

  • N (Norms) : règles d’interaction et d’interprétation.

  • G (Genres) : type de communication (conversation, conférence, etc.).

Ce modèle met en lumière la dimension contextuelle, culturelle et sociale de l’acte de communication.

2.3. Le modèle systémique de Palo Alto

Développé par l’École de Palo Alto, ce modèle considère la communication comme un système complexe d’interactions, où chaque comportement verbal ou non verbal est porteur de sens.
Contrairement aux modèles classiques centrés sur la transmission de l’information, cette approche :

  • Intègre la relation entre les interlocuteurs comme élément central ;

  • Repose sur l’idée que « tout comportement est communication » ;

  • Met l’accent sur la régulation mutuelle entre les interlocuteurs.

L’exemple de l’orchestre sans chef illustre cette vision : chaque membre adapte son comportement en fonction des autres, sans qu’un seul ne dirige l’ensemble, illustrant une communication fluide, collaborative et circulaire.

Référence bibliographique: 

La communication, Bruno Joly, édition De boek, 2009

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